Ce n’est pas la première fois que le prix du gaz augmente en France ou en Europe. Cette augmentation est constante au fil des années. Cependant, cette évolution récente est foncièrement inhabituelle. Il ne s’agit pas d’une augmentation attendue, mais au contraire, imprévisible pour ce qui concerne l’hiver à venir. Un hiver qui, d’après les météorologues, promet d’être remarquablement frais comparé aux années précédentes. Ce qui, alors, ne contribuera qu’à augmenter davantage le prix du gaz.

Un nouveau record du prix du gaz

Afin de mesurer le prix du gaz et son évolution en Europe, il existe un indice boursier de référence. Cet indice est intitulé le TTF pour Title Transfer Facility et concerne un indicateur néerlandais. Celui-ci, alors, a connu une hausse récente de plus de 30% ces jours derniers pour ce qui concerne le prix du gaz au mégawattheure. On estime aujourd’hui le prix du gaz à 2000 dollars par mètre cube, soit un coût deux fois supérieur à celui pratiqué l’année passée. Or, l’Europe occidentale est tributaire du gaz en ce sens où elle n’en possède pas sur son territoire.

Le coût de cette dépendance est alors faramineux et pourrait continuer à augmenter. L’hiver n’est pas encore arrivé et déjà les foyers européens commencent à chauffer. Une décision pouvant être considérée comme inconséquente en ce sens où les stocks de gaz européens ne sont pas suffisants pour assurer l’approvisionnement de tout le continent pour l’hiver 2021-2022.

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Cette hausse record, alors que l’hiver n’est pas encore arrivé, en préfigure une autre plus considérable encore lorsque le froid hivernal sera tombé sur l’Europe.

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L’origine de la flambée du prix du gaz

C’est bien une pénurie qui se trouve à l’origine de l’augmentation brutale du prix du gaz. Le secteur gazier, trop souvent considéré comme acquis, bénéficie toutefois de ressources limitées. La faute incombant à une consommation de gaz sans cesse plus excessive chaque année, mais aussi à des enjeux géopolitiques majeurs.

La Russie, du fait de ses réserves gazières, constitue le plus gros pourvoyeur en gaz de toute l’Europe. Cependant, les tensions perpétuelles entre l’Union Européenne et la Russie – notamment autour de l’avènement du Nord Stream 2 – pourraient avoir eu des conséquences énergétiques graves.

Bien que Moscou dément avoir organisé la pénurie, le doute reste cependant permis. Le Kremlin soutient la thèse selon laquelle les différents pays européens n’ont pas effectué les contrats qui s’imposaient à temps pour s’approvisionner en gaz et ont même fait l’erreur de résilier ceux prévus sur le long terme pour des motifs politiques. La faute, alors, incomberait aux responsables politiques européens pour leur imprévoyance.

Des perspectives peu encourageantes pour ce qui concerne le prix du gaz

Si ce n’est l’espoir de l’approvisionnement en gaz du Nord Stream 2, aucune perspective n’est véritablement positive pour ce qui concerne l’évolution du prix du gaz pour les années à venir. Celui-ci pourrait certes baisser pour un temps, mais resterait sujet à une variation perpétuelle de son cours.

En étant tributaire de la Russie, l’Europe est contrainte de s’en remettre à son bon jugement pour ce qui concerne son approvisionnement en gaz. Le Kremlin, pour imposer ses vues géopolitiques, pourrait alors faire un chantage à l’approvisionnement en gaz comme bon lui semble en ayant un levier redoutable sur les pays d’Europe.